Les conséquences du phénomène de l’islamophobie

M. Yasser LOUATI, porte-parole du Collectif Contre l’Islamophobie en France qui a été créé en 2003, nous informe sur les actions du Collectif, qui consistent principalement en l’aide des victimes d’actes islamophobes. Le premier moyen est la médiation entre les acteurs du conflit. Ce n’est que si la médiation échoue qu’on se retrouve dans des contentieux devant l’administration, ou devant des tribunaux. Il est important pour ces victimes d’agir, de ne pas laisser ces actes normalisés. Lorsqu’on a été préjudicié, et qu’on voit que la loi a été enfreinte, il faut porter plainte, car si on ne se manifeste pas, on accorde de l’impunité à la personne qui porte préjudice.

Ces victimes ne sont pas aidées à l’échelle nationale, jusqu’à maintenant, observe M. LAOUTI. En vérité, le CCIF est né parce que personne ne voulait traiter de l’islamophobie. Cependant, il ne travaille pas uniquement avec des associations ayant pour objet la lutte contre le racisme, mais agit également en partenariat avec des groupements défendant le droit au logement, des droits fondamentaux.

On ne peut pas confier à l’état la lutte contre le racisme, alors qu’il est le premier coupable, soutient M. LOUATI. En principe, il ne faut pas hiérarchiser les différents types de racisme en acceptables, et non acceptables. Le CCIF défend une posture d’antiracisme moral ; il nuit à la cohésion nationale.

En outre, la stratégie du CCIF est d’agir, toujours et avant tout, pour les victimes; elles sont au centre de son travail. Son combat s’inscrit dans une lutte plus générale contre le racisme, et pour une justice sociale. Il s’agit de garder le travail d’éducation auprès du grand public, et des victimes, pour qu’elles connaissent leurs droits et n’aient pas peur de porter plainte. Tant qu’on ne met pas les victimes au centre du travail, c’est peine perdue, car on est alors dans un combat idéologique, on gaspille ses ressources, insiste M. LOUATI.

Malheureusement nous constatons que le phénomène de l’islamophobie augmente année après année et que certains, sur la base d’une mauvaise foi évidente, tentent de le minimiser, voire le nier. Il y a souvent un lien entre les personnes qui tentent de disqualifier la question de l’islamophobie et celles qui l’alimentent.

Enfin, le porte-parole du CCIF souhaite rappeler la définition de l’islamophobie : elle se manifeste sous la forme d’attaques contre les personnes ou institutions en raison de leur appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane.

Zaïnab