Le défi écologique au cœur de la foi

Le constat est fait : nos descendants n’auront probablement pas la chance de vivre dans le même monde que nous. Si les politiques commencent à se saisir de la question comme en témoigne l’accord de Paris, signé au Bourget, il y a quelques mois à la fin de la COP 21, nous avons aussi une responsabilité en tant que citoyens. Une responsabilité difficilement assumée, l’écologie n’étant pas le thème qui attire le plus les foules… Mais pourquoi et comment agir pour le bien de notre environnement ?

Ce sont 4 intervenants qui ont abordé cette question apportant quelques éléments de réponses. Du théologien protestant investi dans des mouvements écologiques Martin Kopp, au théologien musulman et linguiste Mohamed Bajrafil, la question de la foi et de l’harmonie qu’elle constitue avec l’écologie est revenue à plusieurs reprises. En effet, l’homme n’est qu’un être éphémère sur terre. Nous vivons dans un écosystème où comme nous le rappelle Mohamed Bajrafil, toutes les entités sont interdépendantes ; un système dans lequel l’homme n’est point maître de la nature mais il en fait partie. Comme la fameuse maxime chrétienne le dit : « De la terre tu viens, tu es né poussière et poussière tu deviendras ». Pour Martin Kopp, l’enjeu écologique est une question où le travail interreligieux est primordial. Puisqu’en effet, il touche tout le monde et encore plus les plus démunis. Ce dialogue est d’autant plus inéluctable que les trois religions monothéistes s’accordent plus ou moins sur le récit de la création, en ce sens que l’homme n’est qu’une créature, servant le divin Créateur.

Élu dans la ville de Strasbourg et membre de l’Union Française des consommateurs musulmans, Abdelkarim Ramdane revient lui aussi sur l’importance de l’harmonie avec la nature. Et pour lui aussi, la foi est un moteur dans cette démarche, il nous raconte que son engagement politique a été motivé par l’imam de sa mosquée qui lui a transmis les valeurs de l’engagement pour servir l’intérêt général et conserver l’Amana (le dépôt). Mais cette démarche ne s’est pas encore généralisée chez tout le monde, à part quelques voix à peine audibles avec des initiatives comme les premières assises musulmanes de l’écologie en France.

Cependant, ce qui est malheureux c’est que de telles initiatives sont presque inexistantes dans le monde arabo-musulman en général. L’intervenant Nabil Ennasri évoque le cas des pays du golfe qui eux au contraire exploitent de plus en plus leurs ressources pétrolières. Pourtant, comme le rappelle Martin Kopp le défi de transformation des ressources pétrolières vers des énergies renouvelables est colossal. Aujourd’hui 80 % des énergies sont d’origines fossiles et dans un demi-siècle, il est indispensable que nous n’y ayons plus recours du tout. Il faut qu’en tant que citoyens, nous soyons vigilants à ce que les objectifs telles que ceux fixés à la suite de la COP 21 soient mis en place. Et pour Mohamed Bajrafil, il faut que les représentants musulmans donnent l’exemple et développent des discours en accord avec leur époque afin que nous répondions à de tels défis comme celui de l’écologie.

Notre société de consommation extrême mets en danger des populations entières. Nous devons revenir vers les principes que le prophète Muhammad (PSL) nous prescrivait : « l’homme ne remplit jamais un récipient aussi mauvais que le ventre ».

Amina. C