La politique étrangère française face aux défis mondiaux

A travers son intervention, le géopolitologue Pascal Boniface nous décrit l’impact des musulmans en France sur les relations que la France entretient à l’international.

La France doit donc relever un défi majeur dans sa relation avec ses musulmans. Actuellement, on assiste à une discrimination accrue des musulmans qui paradoxalement se conjugue d’une amélioration de la situation des ces derniers. En effet, les musulmans agissent de plus en plus sur le terrain associatif, font valoir leur droit, occupent davantage de postes à responsabilités …

Ainsi, la place des musulmans en France aura un impact considérable sur ses relations internationales. Autrement dit, le poids de la France sera plus fort grâce à ses relations avec ses musulmans.

Il y a 13 ans, la France était alors au zénith de sa popularité dans le monde à la suite de son refus d’aller en guerre en Irak. Ce non à la guerre et surtout au néo-conservatisme américain permettent à la France de jouir d’une image prestigieuse à travers la planète entière.

Aujourd’hui, ce prestige s’est estompé, le rayonnement est moins fort, l’image perçue à l’étranger est celle d’un pays islamophobe qu’elle n’est pourtant pas. Les Anglais ou Américains, à l’origine de la guerre en Irak 13 ans plus tôt, se permettent même une critique de la France dans sa gestion des musulmans et de l’Islam.

Il est alors indispensable de s’interroger sur les causes de cette inversion de vision du reste du monde sur notre nation. Comment est-on passé d’un pays ayant pour valeur la justice et le respect du droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes, à un pays considéré comme islamophobe ?

En 2004, la France n’a pas su suffisamment jouer avec le contre-pied qu’elle a pu prendre face aux puissances occidentales. Par ailleurs, le débat interne s’est progressivement tendu et la stigmatisation des musulmans et de l’Islam s’est, de plus en plus, faite ressentir. C’est pourquoi, l’image de la France s’est ternie aux yeux des autres pays.

En outre, la position de la France sur le conflit israélo-palestinien est centrale dans la perception des Peuples du Sud. Et même si elle reste le pays occidental le plus actif dans les processus de pacification, la France est aujourd’hui moins dynamique.

De plus, la France connaît un clivage dans son approche de la politique étrangère entre les Gaullo-Mitterrandistes et les atlantistes ou occidentalistes.

Les Gaullo-Mitterrandistes pensent que la France doit conserver ses valeurs ainsi qu’une indépendance totale, même si pour cela, elle doit s’opposer à ses alliés occidentaux. Elle nouera alors des liens avec le monde entier qui lui seront bénéfiques.

Pour les occidentalistes, la France est avant tout un pays occidental. Par conséquent, ses relations avec les nations occidentales seront privilégiées au reste.

Dès lors, ces visions vont s’opposer face à la perte du monopole de la puissance occidentale. En effet, l’émergence de certains pays d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique réduit considérablement ce monopole, amené à disparaître. De ce fait, les occidentalistes useront de tous les moyens à disposition afin d’éviter cette émergence et de conserver cette puissance monopolistique. Les Gaullo-Mitterrandistes, quant à eux, tenteront de tirer profit de ces montées en puissance.

En conclusion, le poids de la France réside dans le reflet de ses actions internes. Ainsi, si elle veut continuer à peser de son poids et jouer un rôle sur l’ensemble de l’échiquier international, elle devra apaiser ses relations avec ses musulmans.

Driss