Vers une réussite scolaire

Aujourd’hui, nous sommes obnubilés par la réussite, commence Linda BENDJAFER. On dit qu’à partir du moment où on n’a pas réussi dans la vie, on ne peut pas être autorisé à être heureux : une confusion s’est installée dans les esprits. Sachant que celui qui a obtenu son diplôme s’insère au niveau social de la meilleure des façons, cette exigence sociale pousse les parents à être très anxieux, malheureusement, face à la réussite scolaire des enfants.

L’enjeu de cette réussite scolaire, c’est dire combien elle peut peser. Mais, il faut remettre les choses dans leur contexte. L’enfant veut réussir, et il réussira, mais ce sera parce qu’il a une belle estime de soi. Le plus grand prédicateur de sa réussite scolaire, c’est l’estime qu’il a de lui-même et le sentiment de compétence qui l’habite.

Un enfant en échec scolaire est en réelle souffrance, et fait qu’il ne peut pas s’en sortir car il a cette étiquette d’échec. Si l’enfant ne va pas bien à l’école, c’est peut-être parce qu’il a un sentiment de compétence fragile, et le but est de mettre la lumière sur ce qui ne va pas.

Il y a une théorie de l’intelligence multiple. Il faut trouver l’intelligence qui caractérise l’enfant. Il a besoin de savoir qu’il est très intelligent. En neuroscience, on a des capacités internes. Il s’agit, pour les parents, de chercher un domaine dans lequel l’enfant excelle, essayer de comprendre quelle stratégie mettre en place pour réussir. S’il a réussi aux jeux vidéos, il peut réussir à l’école. Par lui-même, on va le laisser développer ces capacités stratégiques, et à tous les coups, il trouvera des issues auxquelles on ne pensait pas.

L’échec scolaire, parfois, est une stratégie de réussite, car l’enfant va préférer être feignant que nul, car alors, lorsqu’il aura décidé de travailler, il réussira. Il se dit qu’il préserve son sentiment de compétence. Il faut savoir qu’il n’existe pas d’enfant paresseux, affirme Mme BENDJAFER, car s’il ne travaille pas ce n’est pas parce qu’il ne le veut pas, mais parce qu’il ne peut pas.

L’enfant va refléter l’estime de soi qu’il lira dans les yeux de ses parents. Il pourra avoir confiance en lui, il aura ce sentiment de compétence qu’il va puiser au fond de ce que vont lui apporter ses parents comme bienveillance et valorisation au quotidien. L’enfant a besoin d’un renforcement positif. Et le cerveau va se souvenir de cette valorisation, car il a fait un effort et a eu un retour positif. Il va chercher de nouveau cette sensation, et c’est ainsi qu’il sera motivé. A l’inverse, ajoute Mme BENDJAFER, l’estime de soi négatif engendrera un sentiment de compétence totalement fragilisé. L’enfant va attribuer les causes de ses réussites ou essais à des évènements extérieurs, tandis qu’on observe que quelqu’un qui a une belle estime de soi dira que ces causes sont un effort et une faiblesse. Il faut poser un diagnostic, comprendre les forces et faiblesses de l’enfant, pour une prise en charge plus adéquate.

Pour finir, il est important pour les parents de savoir quel est le plus grand prédicateur du bien-être psychologique de nos enfants. Bien entendu, il y a la belle estime de soi, l’amour des parents et leur bienveillance, mais au-delà, c’est le bien-être de ses parents.

Zaïnab