11 candidats à l’élection : pour qui voter ?

Dans une table ronde rassemblant Ahmed ElChoukri, Kamel Benchikh, Fatima Kemilal et Nabil Ennasri, on se demande pour qui voter aux présidentielles. En réalité, on se pose plusieurs questionnements tels que l’abstention comme comportement électoral, est-ce la solution  ou encore s’il y a un vote musulman ?

Ahmed ElChoukri commence par faire noter que si l’on se pose la question de savoir pour qui il faut voter, nous avons dépasser le stade de se demander s’il faut voter ? Nous sommes donc bel et bien conscients du poids de notre participation. On remarque ce fait à travers certains indicateurs très précis par exemple le fait que les musulmans votaient systématiquement à gauche, nous ne sommes plus tout à fait dans cette configuration. Ensuite, si l’on vient à se demander lequel des candidats mérite notre vote, il suffit de voir à travers le prisme de l’intégrité pour en éliminer déjà quelques uns, ajoute-t-il. Il faut, d’après lui, regarder en outre la compétence à rassembler et à unifier les français des candidats et là aussi les jeux sont faits. Le dernier critère pour le choix, pour ElChoukri, est celui de la proximité du candidat au peuple et l’écoute de ce dernier par une ouverture intellectuelle à cette société française dans sa diversité. Il clos son propos en avançant que l’élimination n’a pas besoin d’indication, il ne faut pas voter pour ceux qui ne portent pas les trois valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité.

 

Kamel Benchikh  nous donne une vision un peu différente et nous dresse le portrait d’un électorat plus ou moins désintéressé et de moins en moins captivé par ce jeu des élections. Il est néanmoins plus catégorique que ElChoukri et affirme que l’électorat musulman reste enraciné à gauche. Il indique que les musulmans ne veulent pas voter pour un candidat contre l’immigration. Il finit par se demander si les musulmans peuvent voter pour un candidat ayant dans son programme la PMA et sa réponse est négative.

 

Fatima Kemilal réagit à cette remarque d’un électorat musulman à gauche, elle n’est pas entièrement convaincue du maintien de cette tendance électorale. Certes, d’après les études de l’IFPO, 86 à 92% de musulmans auraient voté Hollande au second tour des élections précédentes. Elle explique que socialement comme le dit le sociologue Paul Lazarsfeld : « Les gens sont politiquement ce qu’ils sont socialement. » Il peut donc exister une identification partisane mais elle se défige au fur et à mesure dans le contexte récent. Elle rappelle finalement que 75% des musulmans ont moins de 35 ans. Le comportement de la catégorie des jeunes électeurs tend à l’abstention depuis quelques temps.

 

Nabil Ennasri a approfondi ce dernier point avancé par Fatima Kemilal. D’après lui, nous sommes actuellement et dans un climat de déception et dans une phase de volonté de changement des visages présents dans le paysage politique, la nouveauté est plus que jamais nécessaire. En ces moments d’élection, il passe un message aux jeunes et insiste sur le fait que l’abstention « active » n’est pas comptabilisé, qu’elle ne pèse rien. Autrement dit, le vote ne peut être en aucun cas délaissé au détriment de l’abstention mais il opterai plutôt pour un vote de contestation. Il finit par indiquer également qu’en juin auront lieu les élections législatives, qui, ont leur grande importance en politique. Il appelle tout un chacun à utiliser leur pouvoir démocratique en allant voter aux élections présidentielles, certes, sans oublier les élections législatives.

 

L’abstention, le choix du vote, le comportement électoral restent des questions qui préoccupent la France aujourd’hui. Il n’est pas aisé de se décider pour un candidat à l’heure actuelle, reste que l’abstention est impensable, le vote est la contribution nécessaire à écarter ou à soutenir un candidat.

 

Amina A.