EXPRIMER SES ÉMOTIONS SANS VIOLENCE

C’est cette thématique que madame Zahour EL GALTA, psychologue, a abordé aujourd’hui. Après nous avoir expliqué en quoi la maitrise des émotions est une base primordiale pour une communication réussie, à savoir une communication non violente, placée sous le sceau de la bienveillance, elle nous explique ce qu’est l’intelligence émotionnelle et la place de celle-ci dans l’élaboration des comportements socio-adaptatifs. En effet, la psychologie tend à prendre en compte le quotient émotionnel en complément du quotient intellectuel pour définir l’intelligence d’un sujet. Le décryptage des émotions est un prérequis pour développer la conscience de soi et donc mieux se comprendre. Il permet de repérer, distinguer et décoder l’état émotionnel des autres afin de réagir, répondre de façon adéquate. L’expression des émotions quant à elle est la voie royale pour évacuer l’état de tension interne, par des mimiques faciales, des mots ou des actes. Par ceux-ci l’individu peut accéder à un état de soulagement, il se sent mieux. De même cette expression lui permet d’indiquer clairement aux autres son besoin et permettre ainsi l’ouverture à une réponse de soutien, de protection ou de réajustement. Ces capacités, réelles habiletés sociales, sont le fruit d’un apprentissage de celles-ci. Cet apprentissage est naturel en général mais peut être renforcé par des exercices et des techniques de remédiation ou d’expression qui permettent de mieux clarifier pour chaque émotion, ses conditions d’émergence, les besoins qu’elle indique, ses manifestations ainsi que le trouble qui peut émerger en cas d’expression troublée. On apprend ainsi que l’être humain dispose de six émotions primaire, la joie, la tristesse, la peur, le dégoût, la surprise et la colère. Chaque émotion est un signal que le cerveau reptilien envoie au néocortex afin de lui indiquer qu’il se passe quelque chose et qu’une réponse est nécessaire afin de pouvoir dépasser le situation d’inconfort et retourner à l’état émotionnel de base qui est la joie. Pour ce faire, pour chaque situation l’individu ressent une sensation qu’il va traduire en émotion en la resituant dans son contexte. Par la suite, cette émotion sera transformée en pensée (image ou mot) qui va permettre l’élaboration d’une réponse, l’expression d’un mot ou d’un acte qui va impacter l’environnement et créer un nouvel état émotionnel. Ainsi, l’émotion joie indique un état de bien-être avec la nécessité d’entretenir cet état. Respectivement la tristesse indique un besoin de faire le deuil, le dégoût un état de saturation avec le besoin de se débarrasser du surplus, la surprise un état d’étonnement avec un besoin de verification de la réalité. La colére quant à elle signale un état de frustration ou le sentiment de ne pas être compris. L’expression des émotions sans violence est la capacité de sortir hors de soit l’agitation passagère qui fait pression à l’intérieur de soi avant que celle-ci ne gagne en intensité et ne déborde la personne, qui à l’instar du volcan explose et blesse tous ceux qui sont atteints par la lave. L’expression des émotions permet d’être en lien avec l’autre, de communiquer, de partager son vécu interne, comprendre et être compris. Elle constitue le fondement d’un vivre-ensemble harmonieux et bienveillant.

Mme EL GALTA illustrera son propos de situations du quotidien pour décrire chaque sitaution émotionnelle, ses modes d’expression et aussi les pathologies qui peuvent découler d’un dysfonctionnement dans la communication de ceux-ci. Aussi la reténtion excessive de colère aboutit à la violence d’où la nécessité d’autoriser son expression au préalable. La violence fondamentale renvoie selon madame EL GALTA, à la notion, de survie: celui qui est débordé par sa violence est avant tout une personne qui est soumise à un sentiment d’insécurité tel que la seule question à laqelle il est en capacité de penser est une question de survie « Lui ou Moi » . Avec pour précision que là où l’agressivité, manifestation saine de la colère, vient interpeller le lien, réclamer l’attention et la protection, la colère, elle, est d’intensité plus forte et d’intentionnalité différente. Elle est de détruire le lien et non de le solliciter de façon aigüe. L’intervention se cloturera sur l’esquisse de pistes de travail pour renforcer la gestion et l’expression des émotions dans une visée de développement personnel et d’amélioration du lien social, avec pour principes ceux de la communication non violente. A savoir, exprimer son émotion le plus rapidement possible, se recentrer sur son ressenti et non sur les griefs, exprimer son besoin, dire « je » et non « tu », nuancer son propos, relativiser, agir avec bienveillance… S’en suivra un temps de questions-réponses aux allures intimistes durant lequel, les personnes du public ont pu trouver des réponses à des questionnements au plus près de leur réalité.