Musulmans d’Europe et d’ailleurs, restons unis.

L’Europe est malheureusement plongée dans une longue tragédie d’attaques terroristes. En effet, il y a quelques jours encore elle a été la cible de nouvelles attaques. Unies dans leur douleur, des victimes sont venus témoigner et dénoncer ces actes sanglants et dépourvus d’humanité.

La RAMF  a eu l’immense plaisir d’accueillir pour cette première conférence de la journée quatre intervenants peu communs : Hanane Chahiri de France, Mahinur Ozdemir de Belgique, Samir Faleh d’Allemagne et enfin le représentant UOIF des Bouches du Rhône.

 

Mahinur Ozdemir introduit ce témoignage en relatant les trois attentats qui ont eu lieu le 22 mars 2016 en Belgique. «  On se souvient tous précisément de ce que l’on faisait au moment où l’on apprend ce genre de nouvelle » commence la première intervenante. On se sent d’emblée concernés et ce sentiment devient plus intense quand l’on apprend qu’un proche est touché de près ou de loin. Automatiquement, on prend la responsabilité de rassurer tous ceux que l’on peut rassurer… Il y a eu 32 victimes et 340 blessés. Un an après, certaines de ces personnes sont toujours dans un processus de reconstruction. En Belgique, les victimes ont été reçues de longs mois après les faits il n’y a eu aucun soutien administratif ni médical, les assurances et les sécurités sociales se sont désavouées de ces actes. Mahinur Ozdemir parle de double mort pour ceux qui ont subi ce drame.

 

Samir Falah, représentant musulman d’Allemagne, affirme qu’une grande partie des organisations musulmanes se sont rassemblées pour ne former qu’un suite aux attaques qu’a subie l’Allemagne. Ces souffrances les unissent, ils ont su prouver leur unité. En tant que musulmans, ils ont su tisser des liens forts avec les membres d’autres religions et avec les représentants politiques. Les musulmans d’Allemagne sont spontanément sortis dans la rue pour dénoncer ces actes.

Samir Faleh rappelle l’importance que donne l’Islam aux bonnes actions et à quel point cette religion dénonce et condamne ces actes dénués de raison.

Presqu’un an après la tragédie de Nice, Hanane Charihi fille de la première victime de cet attentat présente parmi nous, se confie ainsi : « l’an dernier j’étais assise dans ce même public,  aujourd’hui je suis de l’autre côté à cause d’un drame… ». Très émue, Hanane ne peut retenir ses larmes en se présentant au public qui ne peut s’empêcher de l’encourager par des applaudissements chaleureux. Elle salue l’élan de solidarité qu’a suscité ce drame inqualifiable, des cellules de crises ouvertes à tous ont été mises en place, trois services de soins ont été dédiées à la prise en charge des victimes. Le soutien financier a également été à la hauteur bien que pour les victimes et leurs proches il n’a aucune signification.

Suite à cette tragédie, Hanane Charihi a entrepris l’écriture d’un livre « Je ne me justifie pas comme l’affirment certains, je me détache de ce dont on veut m’attacher ». Cette idée lui est venue spontanément, elle a eu l’envie de « crier au monde entier » le contraste entre sa défunte mère musulmane et le camion qui est venu percuter la foule.

En France, cet enchaînement d’attentats reflète la réalité du monde instable dans lequel on vit. « Le sang qui a coulé en Europe c’est le même sang, le sang rouge de l’humanité. Le sang n’a pas coulé pour rien, on se doit de s’unir dans la paix, ce qui ne nous tue pas doit nous rendre plus fort » conclut Othmane Aissaoui.

Tous ont clôturé leurs témoignages par le même discours : Musulmans d’Europe et d’ailleurs restons unis et dénonçons ses attaques, ne laissons pas la haine nous diviser. La terreur ne reconnait ni la religion ni la couleur. Les victimes ont écrit l’histoire avec leur sang,  à nous de le faire avec l’encre.

 

Sophia A.