Progrès bio-scientifiques : tout ce qui est faisable est-il souhaitable ?

Les progrès de la Science dans les domaines de la médecine et l’agriculture sont incontestables et font partie intégrante de notre mode de vie moderne souhaité ou non. Quid des OGM, des aides à la procréation, du débat sur l’euthanasie ou du clonage thérapeutique ? Aujourd’hui, les possibilités qu’offre la manipulation génétique sont telles que se pose inévitablement la question de l’éthique et d’une nécessité de régulation.

 

Les épopées humaines successives attestent d’un glissement certain de paradigme où Dieu qui occupait la place centrale au Moyen-Age, se voit « déposséder » par l’homme lui-même à la Renaissance pour qu’enfin à l’époque Moderne ce dernier ne laisse sa place au Matériel. Le Spirituel, et l’éthique qui en est le fruit, se voit donc éjecté du débat sur les questions de société.

 

L’idéologie marchande consumériste, logiciel de nos sociétés Moderne s’affranchit de la fidélité ou de l’obéissance à des principes autres que ceux qui répondent à la logique du Marché. Produire pour répondre à une offre, un « marché », consommer et ainsi de suite. L’exemple de la progressive libéralisation des aides à la procréation type GPA, PMA est saisissant. Partant de besoins légitimes de certains parents dans des cas bien précis, la logique de marché prend le pas en dérégulant la pratique au point de nier l’élément central dans cette histoire à savoir l’enfant. Quid du statut juridique de l’enfant, de son besoin de filiation, de structuration et des risques de consanguinité arrivé à l’âge adulte ?

 

A la différence d’autres pays en occident, la France conserve sa tradition du « principe de précaution » qui prévaut encore pour trancher les questions comme celle des OGM pour l’agriculture, du clonage ou de la fin de vie. Grâce à un arsenal législatif « toujours » conséquent, le pays possède toujours des gardes fous mais pour combien de temps encore ? Le Comité Consultatif National d’Éthique vient de voir la plupart de ses membres à référence morale religieuse écartés. Après l’IVG, le mariage pour tous, la tendance est à la libéralisation systématique et progressive des pratiques d’exceptions. E. Macron candidat à la présidentielle propose d’autoriser la PMA aux couples homosexuels.

À travers le problème de l’éthique qui se pose à l’Homme épris des progrès de Science, la question n’est-elle pas de savoir si l’Homme sait toujours quel but il poursuit ? Son rêve d’immortalité n’est-il pas paradoxalement en train d’accélérer sa disparition ?

 

Elias